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Marc et Michelle MATTINA-KÖTTGEN

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Évocation d'un mythe - Hercule et les Centaures 

Dans le mythe d'Hercule, dans cette énergie Balance, on le voit capturer le sanglier d'Erymanthe et les épisodes de cette histoire sont là pour nous parler de nous, de nous humanité, de nous individus sur la route de la vie.

Sans doute pouvons-nous y lire un enseignement.

Au début de l'histoire quand Hercule rencontre les Centaures, nous les voyons festoyer, avec cependant une caractéristique à cette fête : l'avidité, une frénésie de s'accaparer ce qui appartient à tous, la barrique d'excellent vin.

Nous les voyons perdre tout sens des proportions, boire le tonneau tout entier et cela se termine en pugilat général et même avec deux morts, les propres amis d'Hercule.

Cette "histoire dans l'histoire" attire notre attention sur ce point subtil : celui de la déformation dans le règne humain d'une qualité primordiale.

Sur la route de son évolution d'être humain "qui est aussi fils de Dieu", dit le texte, Hercule est confronté à une épreuve. Il s'y engage avec détermination et bonne volonté. Nous aussi n'est-ce pas, très souvent? Il part capturer le sanglier d'Érymanthe, il part à la recherche de la maîtrise de soi, il a compris, pense-t-il, les leçons de ses précédents échecs et il est confiant.

Il rencontre alors ses amis les Centaures, allégorie de l'homme dans sa nature double, mi homme, mi animal. Et là, Hercule prend le temps de la rencontre, des retrouvailles : ensemble il célèbrent cette amitié retrouvée, cette unité qui fait que parfois, dans nos rapports humains nous sentons qu'ensemble nous formons plus que la somme de nos individualités.

C'est ici que nous retrouvons cette qualité innée, profonde, qui est la caractéristique de l'âme en nous, notre part divine, et cette qualité nous la connaissons tous : elle se nomme amour, amitié, elle se nomme Unité. Elle parle de cette tendance innée de l'âme qui est la tendance à fusionner, à s'unir.

Cette qualité de magnétisme est un attribut de la vie même. C'est une des règles qui gouvernent la vie psychique de ce grand Être dont nous faisons partie. L'appellerons-nous Dieu ? Mot bien trop chargé par les siècles et l'histoire... mais tout mot est réducteur, c'est lui aussi une forme limitée donc limitante. Une autre façon de nommer est suggérée dans les textes ésotériques "Celui en Qui nous avons la vie, le mouvement et l'être".

Cette qualité inscrite en nous, humains, lorsqu'elle se déploie, passe à travers les différents corps qui nous composent: notre caractéristique mentale, émotionnelle, notre façon propre de ressentir, de penser, et inévitablement elle se déforme. Exactement comme le bâton que nous enfonçons dans l'eau se courbe par exemple ou s'amenuise, alors même qu'il reste  strictement le même dans sa nature fondamentale. C'est ce qu'on appelle une illusion d'optique, mais comme elle nous paraît réelle quand nous la regardons!

Ainsi ce qui se manifeste dans le règne humain est très souvent une expression déformée de qualités lumineuses, une sorte de distorsion, qui entache notre jugement et au-delà nos actes. Cependant, si on sait que ce sont des distorsions, on ne les prend plus pour la réalité.

Et Hercule dans tout ça? Et l'homme sur le sentier de la vie?

On peut retrouver dans cette histoire un parfait miroir de nos aventures humaines. Le désir d'unité, le désir de fusion, déformé par ce qu'en fait Hercule à ce moment devient une appropriation. L’avidité a tout recouvert et a obscurci son jugement.

Ici, ils s'approprient la barrique de vin, ils oublient le groupe des autres Centaures avec qui il était prévu de la partager, et il en ressort un carnage.

Ailleurs, notre désir de fusion déformé devient une prise de pouvoir sur l'autre dans une relation affective par exemple : avec un conjoint, c'est fréquent (et généralement on le justifie brillamment) avec nos enfants (pour leur bien !!) dans nos amitiés aussi où les petits groupes souvent se referment sur leurs habitudes.

Plus largement, que dirions-nous de l'avidité de nombreux groupes industriels et commerciaux dans le monde : la tendance à s'accaparer les ressources, les semences, par exemple ? La déformation d'une qualité ? Certains croient fermement que pour nourrir la population planétaire en expansion, il convient de maximiser le rendement, d'organiser les flux, de rentabiliser les productions. Là aussi comme chez les Centaures, il en ressort un carnage. Mais sur ce point, d'autre enjeux seraient à regarder de près.

 

L'idée entrevue ici est cet apprentissage du regard : ce qui parfois apparaît comme un échec, une erreur, une difficulté récurrente dans nos rapports humains, s'avère être la déformation d'une de nos qualités fondamentales.

Pourquoi alors combattre cette distorsion ? Nous serons contre productifs.

Derrière la déformation du bâton, dans l'eau des émotions, on peut regarder la réalité sous-jacente.

En cherchant le bon, le beau et le vrai, sous le voile des formes distorsionnées, nous entrerons en contact avec la Qualité qui nous habite. Et nous pourrons transmuer en nous, et dans la société peut-être, les comportements qui conduisent au pugilat et les transformer en unité réalisée.

                                                                                                                                                                                                     G.M. - octobre 2016