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La désobéissance, miroir de l'évolution

En ce moment, et comme à de nombreuses autres périodes, la contestation est particulièrement présente. Occupations, chansons, manifestations, beaucoup veulent dénoncer les politiques actuelles, qui seraient contraires aux droits humains, aux libertés, cédant à la peur et favorisant une petite partie de la population, ou faisant passer l’argent avant l’environnement.

Avec les moyens modernes, chacun peut faire entendre sa voix sur les problématiques qui lui semblent importantes.

 

Ces mouvements prennent souvent la forme de ce que l’on nomme la « désobéissance civile ».

Dans la désobéissance civile, on agit en général de manière collective, visible, publiquement. On choisit délibérément de ne pas respecter la loi, pour mettre en avant des valeurs supérieures qui nous paraissent importantes. On souhaite un changement dans la loi qui prenne en compte ces valeurs. L’action se veut souvent pacifique et le résultat est en général voulu pour tous, pas seulement pour ceux qui agissent.

Les mouvements de Gandhi ou Martin Luther King sont bien connus, mais on en trouve tout au long de l’histoire. Récemment on trouve par exemple « Extinction rébellion », les gilets jaunes, les pro Trump...

 

Certains ont eu pour résultat des avancées sociales importantes, faisant penser qu’ils sont indispensables pour l’évolution des sociétés, qu’ils font partie de la démocratie.

Certains nous paraissent justes quand on en trouve d’autres abusives.

Certains portent sur des revendications très particulières, corporatistes, quand d’autres veulent proposer des avancées porteuses de valeurs plus justes, qui bénéficieraient à toute l’humanité, ou à l’ensemble du vivant sur la planète.

 

Pourtant, toutes se revendiquent comme de la désobéissance et trouvent que leur action est juste et légitime. S’agit-il vraiment de la même chose ?

 

La désobéissance a un pendant, l’obéissance. Quand on désobéit, c’est parce qu’on veut obéir à quelque chose d’autre qui nous parait plus juste.

On désobéit aux lois ségrégationnistes pour obéir à des lois donnant les mêmes droits pour tous.

On désobéit aux lois de l’argent roi car on veut obéir à des lois qui respectent l’environnement, ou l’humain.

On désobéit aux lois d’un Dieu pour obéir à nos propres lois, nos envies.

Enfant ou ados, on désobéit aux adultes pour obéir à notre personnalité naissante.

Puis on désobéit à la personnalité, pour obéir aux lois de l’âme.

 

Obéir, vient du latin écouter (ob-ouir : écouter au-delà). Quand on désobéit, on n’écoute plus.

Cette désobéissance semble donc être le fait de ne plus écouter quelque chose pour écouter autre chose, qui nous apparaît comme plus avancé.

 

A moins que ce ne soit l’inverse...

C’est parce que l’on écoute quelque chose de nouveau, une idée plus avancée qui nous semble plus évoluée, que nous cessons d’écouter les anciennes lois, les anciennes façons de faire ou d’être, dans lesquelles nous ne trouvons plus de sens.

Quand l’enfant commence à écouter sa personnalité, alors il désobéit aux « lois » imposées par ses parents.

Quand, dans son évolution, l’homme commence à écouter sa conscience individuelle, il désobéit aux lois de la conscience de masse.

Quand, ensuite, il commence à entendre, puis à écouter l’âme qu’il est, il désobéit aux lois de la personnalité.

Quand on désobéit, on est déjà en train d’écouter le nouveau, même s’il peut être encore confus, un peu lointain.

La désobéissance n’est qu’une conséquence de cette écoute supérieure. Ce n’est en aucun cas elle qui initie le changement.

Ce n’est pas parce que Gandhi a lancé un mouvement que les choses ont bougé. C’est parce que le nouvel état de conscience a été écouté qu’il y a eu désobéissance.

C’est parce que les valeurs de fraternité et de partage sont de plus en plus écoutées que des mouvements de désobéissance au monde du « chacun pour soi » naissent.

 

A chaque fois que nous écoutons le nouveau, automatiquement nous désobéissons à l’ancien, nous ne l’écoutons plus, car il n’a plus de valeur à nos yeux.

 

En replaçant la conscience comme moteur et non comme résultat, tous ces mouvements trouvent leur place dans cette grande évolution, chacun à leur niveau. De ce point de vue, ils sont tous justes, comme résultat d’un petit bout d’évolution, d’un nouveau point de lumière dans la conscience.

 

Ils sont le reflet de nos désobéissances intérieures, résultats elles aussi des nouvelles lumières que nous écoutons en nous.

Ecoutons l’âme qui propose perpétuellement l’évolution. C’est en lui obéissant que, naturellement, on désobéit aux anciennes formes.

 

 

Texte inspiré d’un travail de groupe – écrit par PaC (mai’21)

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